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Catégorie : Publications de François GARROS
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Écriture - peinture

 

Le degré de vibration souhaité

 

Je n’ai pas d’a priori devant une toile, ou un papier. C’est l’espace qui me détermine.

C’est pourquoi j’aime tant la peinture chinoise qui nous a fait voir autrement la composition d’un tableau. 

Je ne suis pas à la recherche d’un sujet. Je m’aventure dans un espace, toujours neuf, libre le plus possible, ouvert à toute expérience de matière et de forme.

J’aventure mes encres et mes couleurs. C’est alors que le sujet surgit, de l’intérieur d’un travail déjà commencé, que je tente de le construire avec tout moyen plastique à ma disposition, pour que la toile devienne ce sujet que je recherchai sans le savoir. Je peins en aveugle. J’écoute ce qui se passe dans l’instant des couleurs assemblées. 

Je suis alors tendu vers ce seul but : rechercher le degré de vibration souhaité. Tant que je ne suis pas satisfait, je recommence. Cela peut durer plusieurs années, ou se réaliser dans l’instant. Misérables miracles, disait Michaux.  C’est en quelque sorte le rythme  de la réalité que je recherche, que j’explore, comme dans l’écriture …

C’est pourquoi je ne me considère pas comme un abstrait informel, mais comme un abstrait lyrique.

 

François Garros
Texte écrit pour le prix des Mouettes 2007 à La Rochelle

extrait

 

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Écriture-peinture ou le lieu rejoint

 

Quelque chose a été recouvert. C’est le début de ma peinture.

Le poème a laissé la place.


Je vis quelque chose d’infiniment matériel. Pour peindre le poème doit être recouvert.

D’abord pour masquer le mot – une façon de lui donner paradoxalement plus d’impact.

Je m’en rends compte aujourd’hui. Cela se fait dans la nécessité de la couleur.


D’abord des encres colorées. Puis l’aquarelle. Puis l’acrylique, puis le fusain, les pastels gras,

enfin l’huile, le sable, la sciure, etc. - que j’utilise sur des papiers ordinaires - tout est utilisé en vue de recouvrir.

Il n’y a pas pour moi de nécessité de telle ou telle peinture. Je ne veux pas peindre !

Mais la peinture advient. Elle s’impose à moi. Je ne peux la fuir. Un long travail pour la reconnaître.


Dire qu’elle est une trace parmi d’autres traces,

qu’elle recouvre l’écriture,

mais pas seulement l’écriture,

mais d’autres peintures.


Ainsi apparut la nécessité du collage.

J’avais déjà fait cette expérience dans l’écriture poétique.

 

F. Garros

extrait