BIOGRAPHIE

de François Garros

 

Je suis né en 1949 dans la Vienne, de parents « dévorés » à leur manière par une expérience de sentir qui leur venait de leur « Sud » natal, L’Aude pour mon père, le Lot pour ma mère. Ces deux paysages, ces deux manières de vivre,  je les ai portés longtemps dans mon écriture poétique, ils ont été des « passeurs » pour d’autres lieux. Mais dès les premiers livres (Mémoire toile, 1985) mon écriture était travaillée de l’intérieur par la peinture, je m écartais « d’instinct » d’une poésie trop « savante », trop « cultivée », pour privilégier un rapport plus direct, presque « primitif » aux choses, aux êtres, un rapport plus sensible, plus « plastique », comme si je voulais donner à voir les « détails » d’une « observation » non « littéraire ».

L’aventure de la peinture est pour moi inséparable de celle de la poésie, de celle de l’écriture. J’ai écrit pas mal de poèmes, une dizaines de livres et recueils ont été publiés. Je tiens aussi à ce qu’ils soient présents. Peindre ou écrire, c’est pour moi la même chose. Bien sûr le média est différent, mais pour moi, un poème, s’il est « bon », c’est la même chose qu’un tableau « réussi » : il se vérifie par lui-même. Il « tient » ou « ne tient pas ». On s’aventure dans le même risque : faire exister quelque chose, donner à la matière une impression de vie. Sans doute est-ce pourquoi je m’intéresse au mouvement, à la peinture non figée, à la violence de la touche, à la légèreté aussi, comme quelque chose en ébauche, qui ne doit pas devenir trop rigide. De même en poésie, je m’écarte résolument de ce qui est trop en place, trop « léché » comme on dit en peinture. C’est toujours le mouvant que j’essaie de saisir et peut-être le vivant ...

C’est en 1997 que j’ai commencé à utiliser les couleurs pour dire autre chose que ce que je disais, ou ne disais  peut-être pas, par l’écriture. Sans doute dans mon travail poétique la peinture était-elle présente, depuis longtemps. Sans doute ai-je été guidé plus ou moins consciemment par les œuvres et les peintres que j’ai pu rencontrer. Sans doute les peintres sur lesquels j’ai écrit, Brauner,  Balthus, Prassinos, Van Rogger ont-ils éveillé en moi une approche plus directe, moins contemplative du geste pictural.  Sans doute ce n’est pas un hasard si les poètes sur lesquels j’ai écrit et qui ont façonné mon écriture étaient aussi hantés par la peinture, Pierre Reverdy, Jean Rousselot notamment : peut-être la peinture nous hante-t-elle longtemps en effet avant que l’on passe à l’acte, avant qu’on tente de la réaliser.

La découverte de l’atelier de deux grands peintres : celui de Roger Toulouse, qui est aussi poète, avec qui j’ai correspondu, échangé (il a illustré un de mes livres), plus tard celui de Roger Van Rogger (poète et peintre dont on commence à découvrir l’œuvre longtemps restée inconnue), alors que je n’ai pas connu l’artiste de son vivant, a été décisive, dans le sens où elle a avivé un désir de peindre, sans doute longtemps enfoui en moi, même si l’écriture – surtout l’écriture poétique – a facilité ce désir, lui a donné une possibilité d’existence, une sorte de « liberté ». Aujourd’hui j’écris et je peins. Je ne fais plus de différence. Je tente d’écouter ces deux désirs.

François Garros

 

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