TEXTE INTEGRAL de la Présentation de l'oeuvre picturale de François Garros par Béatrice Bonhomme

 

 

François Garros est né en 1949 dans la Vienne, au village du Vigeant. Il vit près de La Rochelle, à Nieul Sur Mer. Il est d’abord poète et travaille depuis de nombreuses années en collaboration avec des photographes, des musiciens, des plasticiens. Depuis 1997, il s’est lancé de façon solitaire dans la peinture, puis il a rencontré le peintre abstrait contemporain Alain Villepigue, chez qui il a travaillé et qui l’a encouragé dans ses recherches plastiques personnelles.
L’aventure de la peinture est pour lui inséparable de celle de la poésie . Il nous présente un travail de sable et de pierre  où s’inscrivent les signes essentiels du minéral. Termes d’éboulement, de pierrailles, de sécheresse, d’effraction et de creusement.

 

Le peintre affronte son talent à la minéralité. Rapport de violence et de contact. Peinture qui prend à la gorge, peinture comme agôn.
Pierre ou pulvérence, montagne, roc, monde aride. Enserrement, empierrement, opacité. Les paysages qui manifestent leur présence abstraite, mais obsédante, disent de façon stylisée la matière hérissée d’espaces déserts où l’homme semble avoir disparu. Archéologie, signes, espaces arides originels, denses et solitaires, éblouis de lumière crue.
L’abrupt est la dimension principale de cette œuvre, avec cette conscience aigue, élémentaire de la matérialité des choses, de leur aspérité, de leur rugosité, de leur résistance, de notre absence de prise sur elles.
Ecran, paroi, mur, sol, glacier, précipice, abîme. Des objets ou plutôt des éléments, des matières de pierre et de couleur, placés devant nous, offrant leur résistance de traces ocres et silencieuses. Et c’est à partir de cette prise de conscience de la matière, si rude soit-elle qu’une relation dynamique, un rythme bleu pénétre le tableau. Heurts, chocs, affrontements et séparations brusques. Rien n’est achevé, immobile, tout est en perpétuel mouvement, tout bouge inlassablement, silence et fracas.
Peinture-sculpture dans l’épaisseur, la mutité, la compacité rousse.
Rythme, espacements comme partitions, aveugles ou lacunaires, données élémentaires. Le paysage présente des failles, des pics, des déchirures, tout se fragmente et se disjoint.
De la rupture naît un signe, une écriture, un hérissement de signes.
Dans un climat de dénuement, d’aridité la peinture revient sur sa fracture.
Une peinture qui frappe le regard et s’en empare, peinture arrachée émergeant violemment d’un conflit brutal entre le jour et la nuit, entre la vie et la mort.
Peinture du côté du vide, de la béance mais du désir.
Aucun artifice ne vient creuser artificiellement ce vide ou tenter d’atténuer l’impact de cette minéralité.

 

Sensation à l’état brut
Nous livrant au dehors
Un instant qui est du temps rompu
Orchestration dramatique du vide et du plein
Jaillissement d’énergie pure
Rupture de rythme
Expériences élémentaires
Le peintre avance vers le rayonnement de l’être mais en reçoit l’aveuglement
Rythme mis en espace
Peinture comme projetée, jetée
Brutalité, rapt essentiel, sol devenu lumière
L’être est une ardeur et un vide
Aridité
Le jour rayonne comme une cécité
Obstacles vertigineux dans le départ des choses
Epaisseur ravinée de la matière
Insistance liée à une résistance
Incision, arrachement, météore
Aridité devenue lumière
Multiples pierres de lumière
La lumière corrode la matière
Archétypes, mémoire du monde
Laisser chanter
La pierre striée.

                                                                                     Béatrice Bonhomme

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