L’empreinte lotoise

 

de François Garros
Collection :  ENCRES VIVES

 

L’empreinte lotoise. J’ai commencé à écrire de la prose sur ces lieux que je reconnais fondateurs de mon écriture poétique. Dire aujourd’hui que le poème n’est pas qu’un fait de langue. Dans la manière dont l’objet, ce dont nous voulons parler, nous résiste, développe son inertie de réel,  la terre, la pierre des causses, ou tout sujet qui nous tient, dans la façon dont les choses, les lieux, les visages, les corps s’opposent à la facilité de dire, ruinent toute virtuosité, nous rendent sujets muets, étrangers à nous-mêmes, désemparés, privés de mots, se forge une langue poétique. Je ne cesserai de dire qu’avant tout la poésie est une expérience humaine. Le langage poétique n’existe que lorsqu’il façonne sa propre humanité. Alors apparaît peut-être la possibilité qu’une langue soit différente, qu’elle trouve (c’était le mot des troubadours) , confrontée au « monde muet » des lieux, des choses, des êtres, une singularité de dévoilement,  qu’elle donne ainsi, âpreté de la langue qui tente de parler l’âpreté des lieux,  parole au monde, aussi bien révolte qu’amour.  (F. Garros)

 

 

 

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